En ce moment à la galerie Aline Vidal

Pour que les murs se souviennent

Sur une proposition de Sylvain Sorgato
Jean-Michel Alberola - John Armleder - Elodie Boutry - Christophe Cuzin 
Thibault de Gialluly - Elika Hedayat - Véronique Joumard - Miquel Mont 
François Morellet - Claude Rutault - Sylvain Sorgato - Stéphane Thidet - Felice Varini

exposition du 10 mai au 23 juin 2012

Galerie Aline Vidal - 70 rue Bonaparte 75006 Paris
du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h

Exposition du 18 septembre jusqu'au 31 décembre 2011 à la Winery, Arsac, Médoc

Peinture murale acrylique et crayon de couleur - La Winery 2011

Gouache et crayons sur papier 50 x 65 cm

Gouache et crayons sur papier 50 x 65 cm

Galerie du Haut-Pavé / Paris / 12 mai au 4 juin 2011

Peinture murale acrylique et dessin aux crayons de couleurs


Peinture sur contreplaqué 240 x 240 x 240 cm

Hors d'Oeuvres #5


28 et 29 mai de 14h à 18h
15 artistes dans les jardins des Portes de l'Essonne
Caroline Kennerson, Olivier Alibert, Alejandro Cerha, Alex Burke, Wade Saunders, Michel Vogel, Ken Aptekar, Diadji Diop, Erwan Ballan, Elodie Boutry, Laurent Tallec, Patrick Lougrhan, Elefthérios Amilitos, Jean-Loup Cornilleau, Lilianne Pétraru.
Ecole et Espace d'art contemporain Camille Lambert


Galerie du Haut Pavé mai 2011


Galerie du Haut-Pavé
3 quai Montebello
75005 Paris

Communiqué
Du 12 mai au 4 juin 2011, la Galerie du Haut-Pavé présente une exposition de travaux d’Élodie Boutry, née à Évreux en 1982.

Élodie Boutry questionne et met en scène les relations entre peinture et espace, que ces espaces soient prédéterminés ou créés pour la circonstance. Son travail est « sous contraintes » : contraintes subies de l’architecture du lieu d’exposition ou contraintes auto-imposées dans le choix des couleurs, le plus souvent réduites à une stricte bichromie, ou dans la succession des rythmes et de leurs syncopes.

Quand elle intervient in situ, Élodie Boutry peint à l’acrylique, à même les parois, exploitant leurs irrégularités, leurs angles, niches, moulures, ouvertures, renfoncements et décrochements, pour générer de saisissants effets d’optique géométriques. Sa facture est volontairement neutre, sommaire, impersonnelle et distanciée, pour ne pas surcharger ou dévoyer le propos. Elle veut une lecture directe, sans affects ni effets superflus, de son entreprise de déstabilisation visuelle. La surprise est totale et ne doit rien aux ficelles du bel mestiere, à la facture.

Les propositions d’Élodie Boutry subvertissent le processus de la vision en provoquant la confusion entre le contenant et le contenu de la peinture, entre le sujet et le subjectile. Son travail, au caractère intrusif, invasif, presque viral, va bien au-delà de l’appropriation d’une architecture préexistante. Elle se l’approprie, la phagocyte, met en évidence les détails ou les particularités habituellement invisibles ou négligés, pour recréer un nouvel espace qui est tout aussi physique que mental.

Dans une nouvelle étape de ses travaux in situ, les formes murales simples et plates – rayures, cercles, points, grilles… – ont acquis une troisième dimension, devenant des excroissances qui perturbent et altèrent la vision de la surface du mur. Ambiguïté et incertitude perdurent, même après une longue observation : quelles sont les formes originelles et quelles sont celles ajoutées par l’artiste ? Où commence et s’arrête la surface picturale ? Quand le volume se fait-il surface, la surface volume ? Comment la peinture devient-elle architecture et l’architecture peinture ?

Plus récemment encore, Élodie Boutry a créé des oeuvres qui s’affranchissent d’espaces préexistants, générant des architectures indépendantes, à dimension humaine. Tout se passe comme si les excroissances avaient pris leur indépendance, s’étaient détachées du mur pour devenir autonomes, auto-suffisantes. À la contrainte de l’architecture préexistante se substitue celle d’un rigoureux processus de genèse des formes, qui s’inspire de ceux de la biologie. L’intérieur est devenu extérieur, mais légèreté et efficacité restent de rigueur.

Dans tous les cas, le travail d’Élodie Boutry est éminemment musical, en ce qu’il est avant tout rythme, traduisant en ruptures picturales les syncopes musicales. On peut y lire des contrepoints, des modulations, des passages du majeur ou mineur, des tutti et des solos, des strettes et des développements, des thèmes initiaux qui restent présents à travers leurs innombrables variations et resurgissent au moment où l’on s’y attend le moins…

Artiste en résidence à Monflanquin / Association POLLEN / Septembre -décembre 2009

Peinture in Situ, Monflanquin 2009
Peinture acrylique et volumes en bois





Peinture murale in situ Monflanquin 2009, galerie Association Pollen


Peinture acrylique sur volume en bois, 240x240x240 cm



Élodie Boutry, Sur le motif 

Des pois, des rayures, des damiers, appliqués dans des couleurs très vives : rouges, jaunes, bleus, beaucoup de roses. Depuis 2005, avec ces éléments, Élodie Boutry définit son langage, construisant une syntaxe à partir de motifs répétitifs qu’elle fait jouer les uns avec les autres, dans des associations ou des oppositions. En plein air ou dans l’espace d’exposition, ses peintures en trois dimensions travaillent la question de l’illusion et des effets de surface. Elles se situent du côté de la répétition, du lisse et du décoratif, tout en incluant accidents, anfractuosités du mur et décrochements visuels. Parfaitement contenue dans ses moyens et dans ses fins, cette œuvre pose une équation : comment créer un langage visuel fort à partir d’un vocabulaire très restreint ? Sans doute la réponse est-elle ici : par l’organisation d’éléments visuels provoquant des basculements du regard. 

Dans ses peintures en extérieur[1], elle pense la notion du rythme et de la scansion à grande échelle. Appliqués avec une précision mathématique, ses systèmes s’intègrent parfaitement à l’espace qui les accueille. À une régularité du motif, construit sur le rythme d’une musique sérielle, s’oppose de manière radicale une irrégularité des supports. Dans les restes d’habitations détruites[2], les entrepôts, les lieux de désolation, sur les « dessus de portes, décors[3] », elle introduit la forme colorée là où elle n’a pas sa place. Le rythme de ses peintures murales se fonde sur les alternances, les ruptures, dans un usage des diagonales rappelant celui, dynamique et non orthodoxe, qu’en fit le peintre Théo Van Doesburg, se plaçant ainsi en opposition à Mondrian. De son côté, Élodie Boutry dynamise amplement ses surfaces par les couleurs qu’elle choisit – toujours très vives –, mais aussi par la tension qu’elle établit entre des modes d’approche et des systèmes de construction différents. Elle décentre un aplat par rapport à la structure générale d’une pièce ; crée une disjonction entre des motifs optiques tracés avec rigueur sur la surface et un support chargé d’excroissances. Les cassures, les piliers qui s’interposent sur la surface produisent un effet de rupture et un mouvement, proches de ceux qui dessineraient à l’endroit où, sur un tissu, une couture serait laissée visible. 

À l’intérieur, Élodie Boutry construit des machines visuelles en trois dimensions : de grands cubes de bois peints comportant de petites extensions. Par ces ajouts d’éléments, l’artiste recrée l’irrégularité des surfaces sur laquelle elle fonde ses peintures in situ. Grâce à ces structures évoquant des machines à explorer le ciel ou à remonter le temps dans lesquelles elle ménage des ouvertures pour le regard, on peut voir le monde « à travers » des pois ou des rayures, appliqués sur les surfaces intérieures. De l’intérieur à l’extérieur, elle crée des contrastes, des coupures. Dans ces objets visuels en effet, la surface extérieure est le plus souvent assez simple, blanche, recouverte par endroits seulement de pans de couleurs. Tandis que l’intérieur multiplie les perspectives croisées, les mouvements, les juxtapositions de motifs qui s’apparentent à un entremêlement de formes, sur le mode du tissage. Cette métaphore a son importance dans son travail. Lorsqu’elle évoque son intérêt pour Édouard Vuillard ou Pierre Bonnard, elle insiste tout particulièrement sur leur utilisation des tissus. Dans un entretien, elle raconte : « En 2003, j’ai été frappée par une exposition d’Édouard Vuillard : le papier peint, le canapé, les rideaux, les femmes sont habillées avec des robes qui ont les mêmes motifs. Je me demandais pourquoi il en était resté là, sans aller jusqu’à l’abstraction[4]. » L’abstraction devient chez elle le moteur de création de nouveaux objets de peinture. Afin de construire son univers visuel, elle regarde les tableaux mais aussi les boutiques de vêtements, les papiers peints, tout ce qu’elle peut extraire du réel pour mieux le détourner. Aller jusqu’à l’abstraction, pour elle, c’est systématiser, focaliser le regard sur un seul endroit, ne garder que le bout de tissu ou le papier peint d’un tableau de Vuillard, la nappe d’un tableau de Bonnard. 

À travers toutes ces références, Élodie Boutry se positionne également avec beaucoup de finesse sur la question du décoratif. Le mot « décoratif », ici, s’entend au sens fort et politique où l’ont employé Matisse et d’autres peintres du XXe siècle, de répétition d’un même motif, mais aussi de débordement et d’absence de hiérarchisation entre l’œuvre proprement dite et son cadre. Sortie du tableau, elle intègre et organise des environnements : sa position se situe véritablement sur le fil, là où tout pourrait basculer du côté de la décoration si, tracées dans des couleurs vives, ses peintures ne ménageaient des décrochements si subtils par rapport au support. En outre, par la création de formes géométriques parfaitement autonomes sur des surfaces du monde réel, elle crée chaque fois un écart manifeste avec celui-ci. Dans le même temps, ces œuvres sont parfaitement concrètes. Leur existence physique forte, leur matérialité les imposent dans l’espace. L’humour, également très présent, ajoute à leur puissance. Ces pièces deviennent les lieux de systèmes qui tantôt se détraquent, tantôt poursuivent, imperturbables, leur logique, tandis que des obstacles se dressent sur leur passage. 

La peinture d’Élodie Boutry se conçoit comme un vaste jeu visuel, un terrain à expérimenter, une surface cinétique, mais aussi comme un objet haptique : ses excroissances sont autant d’éléments à attraper, sur lesquels on aimerait grimper. En trois dimensions, ces peintures sont chaque fois des invitations à lever les yeux, à se pencher : la couleur passe à travers notre regard, troublé par des jeux mathématiques biaisés. 
Marion Daniel 
Paris, 27 mai 2010 

[1] Cf. Peinture in situ grise à pois roses, Pont-Audemer, 2008. 
[2] Peinture in situ, Montflanquin, résidence « Pollen », 2009. 
[3] Arthur Rimbaud, « Alchimie du verbe », Poésies, Une saison en enfer, Illumination, Poésie Gallimard, 1973, p. 139 : « J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires […]. » 
[4] Elodie Boutry, Entretien avec Marion Daniel, Area revue n° 19-20, septembre 2009, p. 56.
Peinture acrylique sur volume en bois 70x70x70cm, octobre 2009
Peinture acrylique sur volume en bois 50x50x50cm, octobre 2009

Exposition Collective BOONDOCKS / Hanovre septembre 2009

Façade de la Kunsthalle, Bettfedernfabrik




Galerie Kubus, Hanovre
Peinture acrylique sur volumes en contreplaqué 70x70x70cm

DEUX POINTS, TIRET, À LA LIGNE / Galerie Jérome Ladiray / Juin 2009

Vue de l'exposition
Gouaches sur papier environ 10x10x10cm
Peinture acrylique sur volume en contreplaqué 80x80x80cm
Peinture acrylique et volume en contreplaqué 30x30x30cm

Commande pour le mois de l'art contemporain
Bibliothèque quai François Mitterrand, Pont Audemer

Peinture in Situ, septembre 2008

Résidence Coup de Pouce / L'H du Siège Valenciennes / Janvier-mars 2008

Vue de l'atelier
Installation de 45 cubes en contreplaqué de 30x30x30cm


Peinture acrylique et volume en contreplaqué 30x30x30cm